Chers Compatriotes,
De nos jours les articles sur la violence des jeunes sont à la Une régulièrement et ces faits nous sont révélés de façon brute et crue, de manière à nous choquer ainsi qu’à marquer nos esprits.
Messieurs les journalistes, j’attire votre attention sur votre traitement de l’information :
Etes-vous conscients de la portée de vos propos ?
Savez-vous gérer le pouvoir qui est entre vos mains ?
Quel est votre but ? Simplement vendre du papier avec quelques pages colorées ou transmettre des informations de manière objective.
Il ne vous est pas demandé de nous enjoliver les situations que vous nous rapportez ou
Masquer les faits, mais l’information ne pourrait-elle pas être traitée différemment ?
Pourquoi mettez vous systématiquement des faits malheureux, atristants et dévalorisants pour notre jeunesse Martiniquaise en première page ?
Tous ces jeunes dans les diverses associations ou dans d’autres mouvements qui font de bonnes actions et qui prennent de bonnes initiatives, pourquoi leurs actions ne sont pas révélées dans votre quotidien ?
D’ailleurs, c’est simple, vous ne vous déplacez même pas quand on vous invite (pas vendeur). Comment pourriez-vous en parler ?
Aujourd’hui de part mes diverses activités, il m’arrive de croiser des personnes surtout d’un certain âge, et je suis surprise du sentiment qu’elles éprouvent au sujet des jeunes.
Nos ainés et même je dirais les adultes de la société Martiniquaise ont peur de la jeunesse.
Du coup, il n’ose plus jouer leur rôle. Avant c’était plus qu’une famille, tous les adultes du voisinage, d’un quartier éduquaient, reprenaient un enfant. Aujourd’hui au nom de cette peur, au nom de cette image que vous faites porter à la jeunesse, les adultes de notre société n’osent plus parler, n’osent plus reprendre un enfant, leurs discours : « son père ou sa mère va me sauter dessus. » (dommage que je ne sache pas écrire le créole).
J’en appelle à la conscience collective, à notre conscience d’adulte Martiniquais. La situation de notre jeunesse d’aujourd’hui ne sommes nous pas responsables de cela ?
Qui a éduqué nos enfants ?
Qui a formé les jeunes ?
Qui les a élevés ?
Se sont ils éduqués tout seul et telle une « graine » de goyave jeté par oiseau, ils ont grandi tout seul ?
Quel chemin nous adulte, nous leur avons montré ?
Qui a été leur guide ?
Pour ma part, nous sommes tous responsables de l’état de notre jeunesse.
Quand allons-nous nous réveiller et prendre nos responsabilités ?
Quand est ce que nous allons dépasser ce sentiment de peur pour réparer nos erreurs, nos manquements, nos maladresses ?
Notre jeunesse est là, elle attend, elle nous observe, elle nous regarde, elle cherche des exemples et surtout elle a besoin de nous.
Elle a besoin d’adulte fort, d’adulte compréhensif, d’adulte capable de lui tendre la main et la sortir du bourbier dans lequel nous l’avons mise.
Quand est ce que nous allons grandir ? Pour nous, pour notre jeunesse, pour notre société. De même qu’un proverbe qui dit « Comme on fait son lit, on se couche » de même nous avons récolté la jeunesse que nous avons semée.
Mère, Père il est temps de prendre nos responsabilités, il est temps de remettre les choses à leur place. Ce sont nous les adultes et les jeunes ne demandent qu’à être guidé.
Quand allons-nous jouer notre rôle ?
Ne laissons plus mère violence guider nos jeunes qui sont nos enfants. Reprenons notre place.
Pour cela, il faut que chacun comprenne :
Qu’est ce que cela veut dire d’être un adulte,
Qu’est ce que cela veut dire d’être une mère ou un père,
Qu’est ce que cela veut dire de fonder un foyer, une famille,
Qu’est ce que cela veut dire prendre ses responsabilités.
Juste une dernière chose, si vous le permettez : « La Famille c’est le socle de tout, si elle va mal, la
Société va mal. La Famille c’est une mini société dans laquelle, on apprend à vivre ensemble, à s’aimer, à se comprendre, à se parler, à s’écouter et à grandir dans l’épanouissement. Cela fait des hommes équilibrés qui forment à leur tour les individus de la « grande » société.
Comment pouvons-nous créer une société équilibrée, juste, belle, sereine, si à la base dans nos familles, nous créons des enfants brisés, révoltés, malheureux.
Père, Mère il est important que vous compreniez la base vitale qu’est la famille pour ne pas la fonder si vous n’êtes pas capable d’en prendre la charge, la responsabilité de l’emmener vers le sommet.
Je m’adresse plus particulièrement à vous messieurs les hommes de la société Martiniquaise, si vous n’avez pas le sens des responsabilités, si pour vous votre liberté est plus importante que tout, de grâce, ne vous amusez pas à faire des enfants « de droite à gauche ».
Sachez messieurs qu’un enfant ne s’éduque pas deux week-end par mois, ni un mois pour les grandes vacances sur les 12 mois de l’année. Soyez conscient de vos actes, assumez les et prenez vos responsabilités.
Les chaines de l’esclavage seraient elles encore dans vos têtes pour vous comportez comme avait dresser la maître, comme des étalons. Il est temps de dire stop, de ne plus être esclaves, et enfin de créer une société meilleure que celle dans laquelle nous évoluons en ce moment.
Il est important de connaitre le passé pour ne pas reproduire les erreurs d’hier, et aujourd’hui de prendre de bonnes décisions pour créer une demain plus radieux.
D’où venons-nous ?
Qui sommes-nous ?
Ou allons-nous ?
Aujourd’hui sommes capables de répondre à ces questions.
Merci de votre attention
Yolande MARIGNAN